Histoires de la Bonne Vallée de José Luis Guerin, récompensé au Festival international du film de San Sebastián, mérite une place ici. D’abord parce qu’il vient d’Espagne, tout près de chez nous. Ensuite parce qu’il raconte une enclave oubliée aux abords de Barcelone, un territoire coincé entre une rivière, des rails et une autoroute. Enfin parce qu’il met en lumière des hommes et des femmes qui tiennent à leur terre malgré les machines qui avancent.

Antonio cultive ses fleurs depuis près d’un siècle. Autour de lui, des habitants venus de Catalogne, du Brésil, d’Ukraine, d’Inde ou du Maghreb. Une mosaïque simple et belle, filmée avec douceur par José Luis Guerin. Les souvenirs se superposent aux travaux qui rongent la vallée. Les enfants parlent déjà au passé. Les adultes s’accrochent encore.

On retient les conversations sur les plantes — certains leur parlent, persuadés qu’elles écoutent — et ce souvenir bouleversant d’un homme évoquant son tango Adios Muchachos dansé avec sa femme. La version de Gardel (https://www.youtube.com/watch?v=Ot2keLHZ83s) prolonge parfaitement cette émotion.

Sans effets, sans emphase, le film capte la vie avant qu’elle ne disparaisse.
Il rappelle que les enclaves existent encore, que certaines se battent calmement pour continuer d’être habitées, et que l’Espagne, même dans ses marges, n’est jamais loin du Pays basque.

Pour les chanceux pouvant se rendre à Paris, José Luis Guerin aura d’ailleurs une rétrospective à la Cinémathèque française en décembre.

Histoires de la bonne vallée, un film de José Luis Guerin, au cinéma le 17 décembre en France

Critique complète sur Superhero.fr : https://www.superhero.fr/histoires-de-la-bonne-vallee-de-jose-luis-guerin/

par mikel