Les journées raccourcissent, mais certaines images gardent la lumière de juin. Tournés pendant le festival Nouvelles Vagues 2026, les trois épisodes de La Minute du Festival offrent une échappée de cinéma à Biarritz. Trois films d’environ une minute, en noir et blanc, à découvrir ou à revoir lorsque l’été commence à devenir un souvenir.

On avait laissé Biarritz en plein mouvement. Des séances, des rencontres, des conversations qui se prolongeaient après les projections. Et toujours, à quelques rues des salles, l’Atlantique. Du 23 au 28 juin 2026, la quatrième édition du Biarritz Film Festival Nouvelles Vagues a fait se croiser les récits de jeunesse et la vie d’une ville tournée vers l’océan.

Dans notre article publié avant le festival, nous évoquions trois films d’une minute, encore à découvrir. Les voici réunis. L’automne est une bonne occasion de leur donner une seconde vie : quelques minutes suffisent pour retrouver une atmosphère, puis regarder Biarritz avec une envie neuve.

Trois minutes pour retrouver Biarritz

La Minute du Festival accompagne trois moments : l’ouverture, le festival qui prend son rythme, puis la fin et ce qu’elle laisse derrière elle. Réalisée par Florence Thoumieux, sous la direction artistique de Manu Cossu, cette série produite par Amona Production a été projetée à la Gare du Midi pendant le festival, notamment lors des cérémonies d’ouverture et de clôture.

La ville y occupe une place essentielle. Les extérieurs de Biarritz, la mer, les rues, les salles et les visages composent une matière que les films organisent en petits récits. Le format bref invite à saisir un mouvement, un regard, une rencontre, plutôt qu’à dérouler le programme de la semaine.

Épisode 1 : entrer dans le mouvement

Le premier épisode ouvre la série sur les premiers regards et la promesse du festival. Il installe un univers de jeunesse, de cinéma et de vitesse. Une mouette en lunettes de soleil, une silhouette face aux vagues, des applaudissements dans la salle : l’humour et la lumière accompagnent cette entrée en matière. Des personnages installés sur des chaises au bord de l’eau font glisser la plage vers un petit théâtre de cinéma. Biarritz devient un terrain de jeu où le quotidien peut basculer dans la fantaisie.

Épisode 2 : la ville, les visages, les rencontres

Le deuxième épisode fait circuler le récit entre les lieux, les projections et les interactions. Le reportage rencontre une écriture plus libre, attentive au rythme et aux ruptures. Le faisceau du projecteur, les rangées de spectateurs, des transats sur la plage et les silhouettes tournées vers l’horizon dessinent des correspondances entre la salle et le bord de mer. Quelques touches de couleur viennent ponctuer une matière dominée par le noir et blanc. C’est le moment où un festival devient une expérience partagée : les lieux et les visages commencent à se répondre.

Épisode 3 : ce qui reste après la dernière séance

Le dernier épisode prend une tonalité plus mélancolique, tout en gardant une part de jeu. La roulette du Casino, les gestes autour des tables, les surfeurs dans les vagues et les sourires des invités y font circuler une dernière énergie. Une boule à facettes posée sur le sable et des rideaux ouverts sur la mer prolongent le dialogue entre Biarritz et l’imaginaire du cinéma. C’est peut être le plus naturel à retrouver en octobre : la fin du festival rejoint ce sentiment familier d’un été qui s’éloigne, alors que ses images restent très proches.

Le noir et blanc garde la lumière

Pour prolonger l’été, on pourrait attendre des couleurs éclatantes. Ici, la série privilégie le noir et blanc, avec quelques ponctuations de couleur. La lumière passe par les contrastes, les textures et les visages. Cette approche donne une cohérence à la série et permet de faire dialoguer la captation du festival avec une dimension légèrement surréaliste.

La matière visuelle est hybride : images tournées pendant l’événement, prises de vues extérieures, interactions avec les invités, compositions graphiques, images issues du projet Crépuscule et séquences générées avec l’intelligence artificielle. Les films circulent ainsi entre observation documentaire et invention visuelle. Ils se regardent comme des objets de cinéma, avec toute la liberté que cela suppose.

Biarritz, une ville que le cinéma fait redécouvrir

Un festival change aussi la façon de parcourir une ville. Une salle devient un point de rendez vous. Un trajet entre deux séances prend une autre importance. Les conversations sur les films se mêlent à celles des terrasses, et l’océan reste à portée de promenade.

À Biarritz, la Gare du Midi, le Cinéma Le Royal et le Théâtre du Casino Municipal inscrivent Nouvelles Vagues dans des lieux que les habitants et les visiteurs connaissent. L’édition 2026 consacrait également une journée aux liens entre cinéma et océan. Cette proximité entre les images et le paysage participe à la singularité du rendez vous.

Revoir ces trois épisodes maintenant permet de retrouver cette circulation entre la ville et les films. Pour ceux qui étaient présents, c’est une manière de prolonger l’expérience. Pour les autres, une première rencontre avec son atmosphère. Et pour ceux qui aiment déjà Biarritz, une raison très simple de s’y arrêter quelques minutes, même à distance.

Des films fabriqués au rythme du festival

Le tournage et le montage avançaient pendant l’événement, avec des délais courts pour intégrer les nouvelles images et livrer les films destinés à la projection. Guillaume Louyot, Onickz Artworks, est le chef monteur et postproducteur des trois épisodes. Il en a assuré le montage image et son, l’étalonnage, le mixage et les finitions de diffusion, tout en contribuant à la caméra B, à la prise de son et aux prises de vues extérieures de Biarritz.

Cette fabrication collective réunit la réalisation de Florence Thoumieux, la direction artistique de Manu Cossu, la direction de production de Thomas Maggiar et la direction de la photographie de Stephan Mülhau. Thomas Giblin intervient comme assistant de production et de réalisation, Florence Chicouard aux accessoires et au grip. Eneka et Gabriel Dahmani participent à l’image ; Gabriel Dahmani prête également sa voix aux trois épisodes.

Trois petits films, donc, mais un vrai travail de cinéma. À regarder dans l’ordre, avec le son, et quelques minutes devant soi. Le festival de juin est passé. La possibilité de retrouver Biarritz, elle, reste ouverte.

Production : Amona Production. Série : La Minute du Festival, 2026. Trois épisodes d’environ une minute, en noir et blanc. Informations et crédits : page du projet sur Onickz Artworks. Informations sur le festival : Nouvelles Vagues.

par mikel